Réhabilitation de friches industrielles et projets photovoltaïques
autoconsommation solaire individuelle et collective

La France compte entre 90 000 et 150 000 hectares de friches industrielles, ces terrains autrefois exploités par des usines, des mines, des carrières ou des dépôts d’hydrocarbures, aujourd’hui laissés à l’abandon.

Zones délaissées, elles sont désormais clés. La mise en place d’un projet photovoltaïque permet de réhabiliter les friches industrielles. Comment faire ? 

Réhabilitation d’une friche industrielle et photovoltaïque : un cadre réglementaire favorable 

Loi APER et priorité aux fonciers dégradés

Depuis la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergie renouvelable (APER), l’installation de panneaux solaires est facilitée sur les espaces déjà artificialisés. La loi limite strictement le recours aux terres agricoles ou forestières, imposant aux porteurs de projets de se tourner en priorité vers les sols dégradés ou pollués.

Des conditions avantageuses dans les appels d’offres de la CRE

Les appels d’offres de la CRE tiennent compte des spécificités des projets installés sur friches. En effet, ces terrains dégradés engendrent des contraintes techniques particulières, qui se traduisent par des coûts plus élevés que sur un terrain classique. Pour ne pas pénaliser ces projets, les conditions de l’appel d’offres sont adaptées en conséquence. 

Le principe du pollueur-payeur et la loi ALUR

Pour les sites ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), la responsabilité de la dépollution incombe en principe au dernier exploitant. La loi ALUR de 2014 a introduit le statut de tiers demandeur, permettant à tout acteur volontaire collectivité, entreprise ou développeur de se substituer à l’exploitant défaillant pour prendre en charge la remise en état du site.

Pourquoi installer des panneaux solaires sur une friche ?

Une valorisation intelligente des sols dégradés

Ces terrains sont généralement difficiles à reconvertir vers des usages résidentiels ou agricoles en raison des coûts d’une dépollution totale. L’installation d’une centrale photovoltaïque permet de contourner cet obstacle. Elle ne nécessite pas forcément une décontamination intégrale du site. 

Des avantages économiques 

En installant une centrale solaire, les propriétaires peuvent percevoir des revenus réguliers via des baux de longue durée sur 30 ans. Contrairement aux projets sur terres agricoles, les centrales sur friches suscitent rarement d’oppositions locales liées à la préservation des paysages.

Un triple bénéfice environnemental, social et territorial

La reconversion d’une friche en parc solaire permet à une industrie : 

  • de dynamiser sa stratégie RSE, 
  • d’améliorer son bilan carbone, 
  • de transformer un passif environnemental en actif énergétique. 

La France dispose d’un gisement estimé à 49 GWc de zones délaissées propices au photovoltaïque, un levier considérable pour atteindre l’objectif de 33 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030.

Zoom sur la centrale solaire de la Station d’Épuration du Grand Narbonne

Apex Energies a accompagné la Station d’Épuration du Grand Narbonne dans la réalisation d’une centrale photovoltaïque au sol implantée sur une parcelle interne jusqu’alors sans usage opérationnel.

L’installation développe une puissance de 67,32 kWc pour une production annuelle estimée à 70 MWh. L’électricité produite alimente directement les équipements du site, contribuant à réduire les achats d’énergie et l’empreinte carbone de l’infrastructure.

Apex a pris en charge les études, le dimensionnement et la mise en œuvre, en intégrant les contraintes techniques propres à un site de traitement des eaux.

 

Comment réhabiliter une friche en centrale solaire ? 

1. Identifier et caractériser le site

La première étape consiste à localiser les friches disponibles. Des outils existent pour cela : Cartofriches (Cerema), qui recense plus de 14 300 sites en France, Géorisques, ou encore les plateformes de l’IGN et de l’Ademe. Une visite terrain et une analyse des historiques d’exploitation complètent ce prérepérage.

2. Évaluer la mutabilité du site

Tous les terrains ne sont pas également convertibles. La mutabilité d’une friche dépend de trois dimensions :

  • Les caractéristiques intrinsèques du site : superficie, état du bâti, nature et profondeur des pollutions, stabilité géotechnique.
  • Son environnement immédiat : zonage PLU, accès aux réseaux électriques, distance au poste source.
  • Les besoins de l’industrie et du territoire : projets de développement local, objectifs énergétiques, etc.

3. Réaliser un diagnostic approfondi des sols

Un bureau d’études spécialisé procède à des carottages pour identifier la nature et l’étendue des pollutions : métaux lourds (plomb, mercure), hydrocarbures, solvants chlorés, amiante, déchets radioactifs. L’étude évalue également :

  • La stabilité géotechnique du sol (remblais instables, cavités souterraines) ;
  • Le risque de transfert des polluants vers les nappes phréatiques ;
  • Les mesures de prévention adaptées à chaque type de contamination.

4. Adapter la conception du parc aux contraintes du site

Les sols de friches industrielles sont souvent remaniés, instables ou peu porteurs. Les structures classiques (pieux vissés ou battus) peuvent être inadaptées. Les professionnels recommandent des structures ballastées, des longrines superficielles ou des fondations spéciales. Le terrassement doit être réalisé avec précaution pour éviter la dispersion des polluants, l’exposition des travailleurs ou la contamination des eaux souterraines.

Photovoltaïque : quelles alternatives pour l’industrie ? 

S’il n’est pas toujours possible de réhabiliter les friches, les industriels peuvent installer des panneaux solaires d’autre manière. Comment faire ? 

La mise en place d’une toiture solaire

La toiture solaire constitue aujourd’hui l’alternative la plus répandue dans le secteur industriel. Les bâtiments logistiques, entrepôts et sites de production disposent souvent de vastes surfaces de toiture inexploitées. Installer des panneaux photovoltaïques sur ces espaces permet de transformer un actif immobilier en outil de production énergétique.

Cette solution présente plusieurs avantages : 

  • elle favorise l’autoconsommation, 
  • réduit la dépendance aux fluctuations des marchés de l’électricité 
  • améliore le bilan carbone de l’entreprise. 

Selon la configuration du site, l’électricité produite peut couvrir une part significative des besoins, notamment pour les activités en journée.

Avant tout projet, une étude de structure est nécessaire afin de vérifier la capacité de la toiture à supporter le poids des installations. Des solutions en surimposition ou en intégration simplifiée existent pour s’adapter aux contraintes techniques.

Depuis 2019, le site logistique de Cestas exploite directement une partie de l’électricité qu’il consomme grâce à une installation solaire en toiture. Concrètement, près de la moitié des besoins énergétiques du bâtiment, environ 50 %, sont désormais couverts par une production locale et renouvelable.

Pour atteindre ce niveau d’autonomie, une centrale photovoltaïque de 200 kWc a été déployée sur 1 200 m² de toiture. Cette puissance installée permet de générer environ 152 MWh d’électricité par an. Le choix de l’autoconsommation signifie que l’énergie produite est utilisée en priorité sur place, ce qui réduit les achats d’électricité au fournisseur et limite l’exposition aux fluctuations des prix.

Le projet a été réalisé par Apex Energies pour le compte de la foncière ARGAN.

La mise en place d’ombrières photovoltaïques

Les ombrières photovoltaïques représentent une autre alternative pertinente pour les industriels disposant de parkings ou d’aires de stockage extérieures. Ces structures couvrent les places de stationnement tout en intégrant des panneaux solaires. Elles sont obligatoires sur les parkings de plus de 1 500 m2 en vertu de la loi APER. 

Au-delà de la production d’électricité, elles offrent un service supplémentaire aux salariés et aux visiteurs en protégeant les véhicules des intempéries. Elles peuvent également être couplées à des bornes de recharge pour véhicules électriques, renforçant la stratégie de mobilité durable de l’entreprise.

 

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